Un nouvel intitulé intringuant, n'est-ce pas? Même s'il ne fait pour une fois pas référence au chef d'oeuvre cinématographique du même nom, il existe quand même plusieurs raisons à mon titre.
La première et la plus évidente est que, comme dans le reste de la Scandinavie je crois, notre ami le printemps vient de bouter l'hiver hors de Suède, du moins pour le moment: les Suédois utilisent l'expression "temps d'avril" pour définir les aléas climatiques qui secouent ce mois sacré, donc il n'est pas impossible qu'entre les deux saisons, la pire contre-attaque (j'en ris moi-même). Quoiqu'il en soit, et véritablement du jour au lendemain, on est passé mercredi dernier d'une température de gel à une chaleur quasi-caniculaire et en tout cas abondamment ensoleillée (sauf hier, ce qui m'avait fait craindre le pire). Et je pèse mes mots: je me suis offert une petite ballade sans la veste, qui était devenue pour moi une seconde peau, doré par les rayons ardents, à travers un nouveau coin de forêt près de Kungshamra. J'y ai d'ailleurs découvert une clairière, au sommet d'une colline, où je me suis allongé pour une petite sieste avec vue animée d'un ciel bleu éclatant, sur une herbe déjà sèche qui courbait l'échine après le départ de son protecteur blanc. C'était d'autant plus savoureux que je pouvais distinctement apercevoir en contre-bas le grand lac encore gelé, et à ma droite quelques flaques de neige tenace. Un régal!
Le lendemain, j'ai scruté attentivement les recoins de mon amie la forêt: si les feuilles vert tendre n'osent pas encore surgir des arbres, quelques petites fleurs bleues se sont déjà étirées en poussant les feuilles mortes, et le sol se plaît à distiller un nouveau parfum tout à fait agréable. Dans une pose très peinture romantique, je me suis hissé sur un rocher dominant le reste de mon domaine, où j'ai lu un chapitre de mon manuel de gestion des déchêts (un peu moins romantique, d'accord). J'espère que ce temps beau comme les images de mon miroir va perdurer, au moins pendant que ma charmante soeur visite Stockholm (je tiens à rassurer ses parents, la petite Marie est actuellement dans la navette pour la capitale).
L'autre raison pour laquelle j'emploi "délivrance" est nettement plus cynique: j'ai visité la semaine dernière une companie suédoise qui récolte les déchets recyclables d'une des banlieues de Stockholm, les trie et les achemine vers leur destinataires pour être remodelés. Une visite très instructive, qui m'a permis de mesurer l'empleur du matériel auquel on faisait face: les enfants, si vous m'écoutez, continuez de recycler, mais arrêtez également de consommer n'importe quoi - ceci est le premier message politique du blog! Bref, dans la catégorie désolante, il y avait cette gigantesque montagne de livres, qui se dressait là devant nous avec des connotations historiques douloureuses. Ils n'avaient en fait jamais été ouverts, étaient flambant neufs (la plupart étaient des manuels divers et variés, ou des best-sellers de l'année) et c'est leur éditeur qui les avait directement convoyé ici. J'ai naïvement demandé si les recycleurs avaient l'autorisation de tenter de revendre ou de donner les livres, et évidemment non, pour des questions évidentes (du moins pour l'éditeur) de commerce et de droits perçus. Je sens que ce genre de discussion aurait enflammé Madame ma mère...
Sur ce, je vais de ce pas chercher ma soeurette à la gare. Demain, direction Tallinn, avec une croisière similaire que celle que j'avais faite à Riga!
2 commentaires:
bien arrivée à strasbourg, la petite marie, par grand beau temps et on a bien profité du jardin ; je t'ai gardé qq muscaris en réserve, (à suivre).
ici à aix les chttes ont fait des petits qui piaulent dans le dépotoir de la voisine, = les feuilles et branches mortes qu'elle voulait justement brûler dès qu'il fera beau ( car il fait gris et froid ici !).
pour les livre qu'on jette, on appelle ça "pilonner" ; quelle tristesse !
laaa suiite, laaa suiite !!
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