mercredi 1 avril 2009

Objectif Thune








Pour reprendre là où je m'étais arrêté la dernière fois, je commencerai donc par la visite d'une éolienne il y a deux semaines, visite organisée spontanément par une gentille Suèdoise du Master Sustainable Technology, dans lequel j'ai suivi quasiment tous mes cours. Ainsi donc, moi et mes collègues internationaux sommes partis en excursion à quelques dizaines de kilomètres au nord de Stockholm, afin d'atteindre une grande île de l'archipel à proximité. En effet, un Suèdois illuminé a décidé un beau jours d'y construire là, fière et solitaire, une majestueuse éolienne blanche- j'avoue que le vent ne semble pas y manquer.

Nous l'avons donc aperçue depuis le ferry que notre bus a utilisé pour traverser le bras de mer - ou le lac, ou le méandre, on ne sait jamais très bien à vrai dire... Elle semblait heureuse de notre visite puisqu'elle n'a pas cessé d'agiter les bras à notre attention. Nous l'avons finalement atteinte, afin d'en mesurer la dimension - 70 mètres et quelques pales, si je ne m'abuse. Elle m'a fait penser à une fusée, surtout lorsque nous sommes rentrés à l'intérieur de la bête en question. Avec le petit cabot du propriétaire des lieux, qui bondissait partout et attirait les caresses (le cabot, pas le propriétaire), on se serait cru au beau milieu d'On a marché sur la Lune.

On n' y était pas si à l'étroit que ça, pour tout dire - en tout cas la grosse vingtaine de mes joyeux camarades pouvaient être casée intégralement sur la plateforme. J'ai été également surpris d'y trouver un ascenseur, certes rudimentaire, en plus de l'échelle murale. En raison du vent qui ne se privait pas, nous n'avons pas été autorisés à monter jusque dans la nacelle, à cause du bruit et des vibrations - je me demande de toute façon combien de temps cela aurait pu prendre de nous faire tous monter et redescendre...

Le bonhomme qui avait fait construire cette belle hélice ne parlait que suédois, et il était visiblement surpris (les piliers du bar local le furent plus encore par la suite!) de voir débarquer les rejetons des 5 continents (ou presque) visiter son chef d'oeuvre. Imaginer un mélange d'européens, de chinois, de sud-américains, d'africains et j'en passe, aucun ne parlant suédois! C'est donc son frère qui nous a traduit ses propos en anglais avec quelques dizaines de secondes de décalage. D'après ce que j'ai compris, plutôt que de construire une ferme ou d'exploiter la forêt avoisinante, le gaillard avait utilisé son terrain pour réaliser ce projet un peu fou - il lui a fallu près de 8 ans pour le faire aboutir. L'investissement devrait être rentabilisé en 2010, et le Suédois s'en frottait les mains d'avance. Apparemment, c'était surtout les couronnes suédoises qui semblait motiver son choix, même si j'ai cru déceler aussi une pointe de fierté environnementale et d'idéalisme. Comme il revend directement l'électricité produite sur le réseau, ce projet ne rapporte pour l'instant rien du tout aux autres riverains de l'île, qui ont en revanche notoirement râlé dès la naissance du projet, pour des questions d'esthétisme: effectivement, au milieu de ce bel archipel de petites îles sculptées par la forêt, il est difficile de rater l'objet tout blanc qui se détache du ciel gris.

Mais l'avenir est en marche, et nous avons pu apercevoir un nouveau chantier à 200 mètres de la première éolienne, qui verra accoucher la petite soeur, qui devrait néanmoins dépasser son ainée en taille et en puissance. Le nouveau né appartiendra par contre théoriquement aux habitant de l'île, du moins ceux qui pourront en acheter une part, si toutefois ils veulent investir dedans.

J'ajouterai que cette éolienne n'était guère bruyante, même en étant à ses pieds. De toute façon, une loi fixe désormais une interdiction de construire dans un rayon de 500 m autour, par mesure de sécurité et de confort. D'ailleurs, pour souligner l'utilité de cette loi, j'ai pris conscience d'un détail qui ne m'avait jamais traversé l'esprit auparavant: imaginez vous vivre à proximité d'une éolienne, quand le soleil brille - faites abstraction de la Suède - et essayez d'estimer votre patience vis à vis de l'ombre des pales qui fait clignoter inlassablement votre joli salon...

Nous sommes donc rentrés en fin d'après-midi à Stockholm, la tête dans les nuages et la Lune.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

allez, allez, on retournera voir les moulins d'ally, les mines d'argent gallo-romaines (celles aux nains et enfants esclaves...) d'ally et les zéoliennes d'ally à ton rapatriement dans la douce France !

bisous provençaux pluvieux :-(


et surtout JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!