vendredi 31 juillet 2009

Adjö!






Bon, je mets officiellement un terme à ce somptueux blog avec un dernier message - il serait temps me direz-vous, ça fait déjà 2 mois que j'ai quitté le pays des blonds et des lacs!

Pour faire court, après Malmö, je suis rentré à Stockholm, j'ai passé mon dernier exam (haut la main, cela va sans dire), et j'ai occupé mes derniers jours sur place en tournant un court-métrage, avec une merveilleuse caméra numérique HD que m'avait prêté en toute confiance ma Kulturhuset préférée. Le chef d'oeuvre cinématographique dans les tons verts s'annonce d'ailleurs très spécial au vu du montage que je suis en train de faire (mais le contraire vous aurait étonné)!

Et j'ai tiré ma révérence, après avoir festoyé avec mes petits voisins du Pakistan, du Bengladesh, de Russie et de Chine, en quittant Bergshamra à deux heure du matin, dans la nuit sans nuit, chargé comme un renne, pour attraper le bon bus de nuit et atteindre mon avion qui décollait à 7h.

Je vous montre en guise d'au-revoir mes photos de Stockholm les plus récentes, j'aurais aimé vous en offrir plus, mais malheureusement, on ne photographie que ce que l'on connaît le moins, et en l'occurence, je me rends compte que je n'ai jamais vraiment pris le temps d'immortaliser exhaustivement la vieille ville et les belles îles autour... Bah, ce sera pour une fois, j'y retournerai de toute façon sûrement un jour, vu que j'y ai laisser un gros sac de 15 kilos, l'Air de M. Ryan ne tolérant pas les poids lourds!

Et c'est ainsi que s'est finie mon année d'étude: Adieu blonds, COOP, ICA, Eramsus...

Comme je sais que beaucoup versent déjà une larme en pensant qu'ils n'auront plus l'occasion de lire mes proses sporadiques, je tiens à les réconforter, en leur donnant un lien vers le blog prometteur d'une personne anonyme (pour qui j'ai la plus haute estime, je tiens à vous le dire), qui a décidé de consacrer ses écrits à la gloire d'une petite ville de l'Allemagne de l'est à quelques dizaines de kilomètres de Berlin (mais comment s'est-il retrouvé là-bas?) :

http://fred-et-le-brandebourg.blogspot.com/

Sur ce, hej då, puss och kram, och vi ses!

Malmö (fait de quitter la Suède)





Après mûres réflexions, j'ai choisi, pour conclure (enfin!) mes péripéties, de vous parler de Malmö, la troisième grande ville de la Suède après Stockholm et Göteborg.

Malmö est la voisine suédoise de Coppenhague, les deux soeurs étant séparées d'à peine quelques dizaines de kilomètres, par le fameux pont de je-ne-sais-plus quoi, dont vous pouvez apprécier la dimension sur la photo ci-dessus. Ainsi, à mon retour de mon petit voyage au Danemark, en ce bel après midi ensoleillé de mai où l'on fait ce qu'il nous plaît, j'ai donc fait une escale de quelques heures à Malmö en attendant mon train du soir pour Stockholm. Le centre ville ayant l'air agréable mais assez convenu, j'ai donc consacré ma petite halte à la visite de cette fameuse tour blanche flambant neuve dont on m'avait parlé et le quartier "écologique" environnant, au nord-ouest de la ville.

Comme vous pouvez le constater, ce superbe gratte-ciel scandinave a de la gueule, même si celle-ci est un peu tordue et vous filerait volontiers un torticolis. Il m'a fallu traverser la moitié de la ville pour la voir, à travers une vieille zone portuaire et industrielle assez peu attractive, mais le jeu en valait la chandelle... Cette bestiole est tellement impressionnante qu'il m'a fallu un certain nombre d'essais avant de trouver un point de vue pour l'avoir à peu près en entier. Apparemment, elle renferme des appartements d'habitation, mais que la plupart des gens ne font que louer périodiquement, loyer oblige, histoire d'avoir la folie des grandeurs de temps en temps. Elle domine une grande étendue d'herbe devant une zone d'habitation, où l'autre curiosité de taille plus modeste est l'aire de jeux pour enfant, qui m'a paru assez singulière pour être photographiée (malheureusement, je n'ai pas eu le temps de trop m'en approcher).

Au delà de cette tour, le nouveau quartier dit écologique, très séduisant lui aussi, qui trempe ses pieds dans des petits canaux en regardant la mer, le pont truc-muche et les rives de la grande voisine scandinave. Des petits immeubles aérés se reposent là, aux formes design, admirablement aménagés, certains recouverts de panneaux solaires, d'autres tout de verre vêtus, tous impeccablement isolés j'imagine. Un véritable petit réseau de passerelles enjambe des bassins ou traverse des minis-jardins, l'ensemble constituant un petit labyrinthe assez insolite.

Enfin, on arrive devant la mer, où un petit parc et de nombreux bancs permettent de flemmasser en la contemplant du haut d'une jolie jetée de bois. Bref, un cadre enchanteur, où pour la première fois je me suis dit qu'il était possible de construire une zone de lôtissement avec intelligence et esthétisme, et qui m'a également confirmé que nos amis suédois, par certains côtés, étaient quand même déjà bien avancé niveau préservation de l'environnement, ce qui n'est pas le cas de tout le monde...

jeudi 9 juillet 2009

Erasme est descendu à Copenhague








Allez, un des derniers messages de ce blog suédois (et sûrement le plus long), savourez-le bien! D'autant qu'il s'aventure une nouvelle fois en dehors de ma capitale chérie, qui commence à me manquer! Il a pour objet la ville qui se verdit à vue d'oeil, en prévision de la Conférence Internationale sur le Climat dans quelques mois: j'ai nommé Copenhague, ou København pour les initiés, mais ne me demandez pas comment ça se prononce! Ils ont pas idée aussi, ces salamis, au moins Stockholm ça s'écrit comme ça se prononce, et ça ne change pas de nom dans chaque langue!

Donc, un beau jour de mai, alors que je m'ennuyais chez moi, que je finissais tant bien que mal mon projet de fin d'étude sur le traitement des eaux en Antarctique, tout en me préparant psychologiquement à mon départ imminent et définitif de la Suède et en organisant soigneusement un tournage de court-métrage, je me suis souvenu de ma promesse sollennelle faites à une blonde émigrée au Danemark, Clémence, qui m'avait rendu visite en octobre à Stockholm. Mon serment stipulait qu'avant la fin de l'année, je passerai lui rendre la pareille pour visiter sa ville d'adoption, et j'en profiterai pour lui apporter un saumon suédois tout frais...

Ce petit besoin de bouger était également dû au fait que mon ex-coloc' nancéen et sa future épouse (mais si, mais si!) m'avaient rendu visite trois jours auparavant, réssucitant en moi une certaine nostalgie des amis de la Lorraine. Et le fait que je m'apprétais à entamer un stage de 6 mois sans vacance m'était aussi insupportable...

Bref, l'idée me trotte dans l'esprit pendant toute l'après-midi, et, alors que je rentre d'une soirée en vélo pendant la nuit, je croise sur la route une biche arpentant le bitume, qui me regarde placidement. "C'est un signe d'Odin", me dis-je (mon hôte danoise s'appellant en effet officiellement Bibiche). La décision est prise à 3h du matin, le billet acheté en dernière minute vers 9h, et, en fin de matinée, me voici dans le train pour Copenhague! Après avoir poliment averti Clémence de mon arrivée six heures plus tard avec un SMS assez succinct, je coupe le portable (économie de batterie et d'énergie, vous me connaissez!) et engage une conversation avec mon voisin suédois d'un certain âge qui évoque avec moi l'industrie automobile, les ministres français d'il y a trente ans et l'architecture de Malmö - la ville suédoise en face de Copenhague.

Il réussit d'ailleurs à me convaincre de visiter le nouveau quartier écologique de Malmö à l'aller ou au retour, vu que c'est de toute façon un passage obligé par la voie terrestre que j'ai choisi (oui, il existe en effet un pont entre le Danemark et la Suède!). A mon arrivée, je visite le centre de Malmö en attendant mon bus pour traverser la frontière, et y découvre une ambiance assez sympatique, le beau temps étant de la partie. Mais pas le temps de s'attarder, mon bus m'emmène d'un bond sur le pont géant entre les deux villes, et, à 17h, je pose mon petit sac près de la fontaine de Kongens Nytorv, au coeur de la ville natale de la Petite Sirène, après être rentré en contact avec cette nouvelle langue scandinave, guturale et curieuse, qu'est le danois, par l'intermédiaire de deux jeunes illuminés pentecôtistes m'assurant avec un enthousiasme communicatif que Jésus est redescendu parmi eux - je ne savais pas alors que mon arrivée avait fait tant de bruit et en si peu de temps...

En attendant Bibiche quelques heures et en méditant sur la caractère très spontané de la vie Erasmus (testé au bout de ses limites durant ce petit voyage, vous l'aurez compris!), je visite le petit port de Nyhavn, charmante carte postale animée jonchée de mats flambant neufs et de façades multicolores, puis je savoure les rayons rasant du soleil en révisant mes cours pour mon dernier examen (oui, un petit détail que j'avais négligé au moment de la décison de partir!). Je retrouve finalement la vraie blonde, plus en forme que jamais, et je lui offre mes deux petits pavés de saumons surgelés achetés au Liddle, comme convenus (ça m'a d'ailleurs rappellé une nouvelle d'Umberto Eco là-dessus...). Nous passons la soirée dans un restaurant végétarien grec recommandé par son copain achéen à la barbe digne d'un vase antique. Il est ensuite décidé que je passe la nuit dans la chambre de Bibiche, niché au coeur d'une petite maisonnette remplis d'une dizaine d'autres hurluberlus d'étudiants des quatre coins de l'Europe, tandis que la petite Clémence s'exile chez son copain, puisque la chambre n'est pas assez grande pour deux, et, ajoute-t-elle souriante et sincère, "il ne vaut mieux pas dormir sur la moquette, c'est là que les plus grosses araignées dans ma chambre ont été vu".

Quelques petits frissons de scrupules et d'arachnophobie plus tard, je me retrouve finalement à squatter un lit très confortable, et passe finalement une excellente nuit dans ma nouvelle demeure, dans la campagne environnant Copenhague, en digérant une soupe curieusement rose et rouge offerte de bon coeur par un couple balte de la chambre d'à côté.

Le lendemain, je parcours la capitale, je visite la Glyptotek, une curieuse fondation de l'ami Carlsberg (le fondateur de la fameuse bière danoise du même nom), destinée aux sculptures françaises et nordiques et à quelques magnifiques tableaux impressionistes tout à fait alléchant (dont la moitié de la collection sera malheureusement fermée au public ce jour-là, j'en peste encore!), à deux pas du parc d'attraction Tivoli (que je n'ai volontairement pas visité suivant les conseils forcément pertinents de ma guide attitrée). Nous parcourons ensuite ensemble le Musée National, rempli de salles instructives et (très) détaillées sur l'histoire du Danemark, mais possédant aussi quelques perles rares, tels ces superbes cadres rococo...

Puis nous décidons d'aller à Christiansen, ce quartier sidérant au milieu de la capitale, où, depuis les années 70, une tentative de vie communautaire affranchie des lois et des impôts locaux s'expérimente, pour le meilleur et pour le pire, depuis que quelques jeunes effrontés ont investi un ancien site désaffecté il y a trente ans. Des familles entières y habitent aujourd'hui, et le site est un véritable petit village d'artiste dans la ville. Des décorations "Flower Power" sur les murs ou des étals d'herbes "exotiques" en tout genre affichés au grand jour, je ne sais pas ce qui était le plus étonnant. En tout cas un endroit tout à fait unique et très intéressant!

Nous tentons ensuite de repérer la nouvelle bibliothèque en verre sombre, le fameux "Black diamond" (que ma guide de Vezoul s'obstine malgré mes moqueries à confondre avec un autre bâtiment), et tentons de rentrer en bateau (très pratique à Copenhague, en complément du bus, du vélo et du métro) pour retourner vers le centre-ville, en nous trompant évidemment de sens de navigation et en exaspérant son capitaine. Un petit barbecue avec de joyeux Français inconnus clôt la soirée.

Le lendemain, après avoir visité un observatoire astronomique en spirale reconverti en tour panoramique, nous nous organisons une petite excursion dans un musée très excentré de la ville, célèbre lui aussi pour ses collections d'impressionistes français (faut-il donc aller dans la campagne danoise pour voir des Cézanne alors qu'on n'en trouve pas à Aix-en-Provence?). Puis nous nous fixons l'objectif de visiter un "parc aux biches", où, m'affirmera-t-on, il est possible d'approcher les cervidés apprioisés et même de les caresser ( malgré les panneaux réguliers représentant des biches en train de paître, je soupçonne toujours Bibiche de s'être doucement foutue de moi sur la teneur véritable de ce parc!). Au final, nous ne verrons pas un seul bamby, mais nous tomberons nez-à-nez avec un grand parc d'attraction, rival affirmé du Tivoli, et assez peu discret pour un parc à bichounettes! La traditionnelle glace et une attraction stupide et humide plus tard, nous voici revenu à Copenhague, pour célébrer cette fois-ci un repas franco-grec, avec comme apéritif mes fameux pavés de saumon suédois!

Enfin, le dernier jour, nous enfourchons les Vélibs locaux, pour aller voir cette petite crotte minuscule qu'on nomme la Petite Sirène de Copenhague (offerte par l'ami Carlsberg, encore lui!), vraiment peu impressionnante, si ce n'est par la horde de touristes qu'elle réussit à amasser devant elle. Nous assistons à la relève de la garde, je me fais voler mon Vélib, nous trouvons le vrai "Black Diamond", etje fais mes adieux à Bibiche en vitesse, avant de lui laisser une poignée de cartes postales à poster et de m'engoufrer dans mon bus de retour trop ponctuel.
Un très sympatique petit voyage, donc, riche en expérience et en rencontres, qui m'aura permis de tester au maximum le fameux "Erasmus Spririt" (non, pour une fois, ce n'est pas de l'alcool!) et de découvrir un autre style de vie scandinave...

lundi 6 juillet 2009

La Suède Intérieure Brute







Puisque je me dois de relater fidèlement mon périple sans en perdre une miète, je continue sur la lancée du "Tour de citées" pour vous décrire trois villes suédoises de moyennes importance, dans la Suède un peu profonde, que j'ai visité à différents moments: Eskilstuna, Örebro et Uppsala. Les deux premières ont été visité à la fin de l'hiver (c'est-à-dire en avril) alors qu'une petite veste blanche et fondante recouvrait encore à moitié le paysage, à cette époque bénie où il ne faisait pas trente degrés tout le temps!

Ville de taille moyenne, d'animation moyenne, avec un centre-ville moyen, voici Eskilstuna, à 150 km de Stockholm! Je ne me permettrais pas de critiquer trop violemment la ville d'adoption d'un compatriote chez qui nous (moi et 3 Français) avions dormi une nuit, mais il faut bien avouer qu'on ne doit pas forcément se marrer tous les jours, là-bas... D'ailleurs le dit compatriote en était réduit à décimer les canards qu'il rencontrait à coup de boules de neige pour passer le temps (heureusement, votre fidèle défenseur de la nature et du foie gras s'est indigné de cette pratique, comme vous pouvez vous en douter!). Bon, les maisons multicolores au bord de l'eau avaient un certain charme, même dans l'éclatant gris du soir. Par contre le coeur de la ville était absolument... quelconque, avec des immenses rues toutes droites sans courbe et sans surprises. Et vous noterez aussi la présence d'une maison absolument pas droite au bord de la route, assez effrayante pour que je daigne l'immortaliser.

Les deux évènements insolites de la soirée qu'on a passé là-bas étaient l'heure "Save the planet", où les gens soucieux de leur environnement étaient sensés couper leur lumière et leurs appareils électriques pendant une heure partout dans le monde (ce qui fût majoritairement fait dans la ville, comme quoi, ces Suèdois sont des chics types!) et par une intervention musclée de la police sous notre fenêtre pour appréhender une grosse brute de supporter alcoolique assez violent (comme quoi, ces Suédois ne sont pas tous des chics types!).

Dans la foulée, nous avons aussi visité Örebro, ville d'une importance légèrement supérieure à la précédente, sans pour autant être fabuleusement plus intéressante. Au beau milieu de la Suède, elle arrive quand même à se démarquer de sa collègue grâce à sa grosse forteresse médiévale en plein coeur de la ville, avec ses donjons, ses remparts et ses douves. Assez massive, pas forcément élégante, mais au moins impressionnante. Nous avons également profité d'une agréable rivière (chose qui en fait finissait par me manquer à Stockholm, malgré tous les lacs et les îles), qui traverse la ville et rejoint un éco-musée local, une sorte de Skansen du pauvre miniature, à mettre sous la dent de l'autochtone.

Enfin, quelque temps plus tard, la même troupe de choc française, à une exception près, est allé investir Uppsala, la grosse ville étudiante à une cinquantaine de kilomètres au Nord de Stockholm. Je vous dirais bien que j'ai découvert là une ville élégante et raffinée, mais vu les circonstances, je n'en ai pas vraiment eu l'occasion: c'était en effet la Valborg Party, c'est-à-dire la fête du Printemps. Une occasion pour les Suédois normaux de saluer le retour tant attendu du beau temps et de la chaleur (ce qui coincidait effectivement avec la météo, pour une fois), en mangeant des glaces, en s'adonnant à des joutes nautiques et en chantant autour d'un feu de camp, mais c'était aussi officieusement un prétexte pour tous les étudiants de la capitale et d'Uppsala de se rejoindre fraternellement et de boire jusqu'à ce que soir s'en suive pour célébrer le retour des hirondelles...

J'avoue avoir rarement vu une zone aussi vaste et verte complétement rempli de déchets, au sens propre comme au figuré! Dans une atmosphère débridée, décontractée et plutôt écoeurante (les barbecues improvisés n'aidaient pas à respirer!), chacun s'en est donné à coeur joie et à gorge déployée - qu'on se rassure, je n'ai pas fait exception! Au final, je n'ai donc pas eu le temps de contempler les beautés certainement nombreuses de cette ville, tout juste ai-je pu visiter son parc à détritus, sa gare, son Burger King et l'appartement de lycéens fans de heavy metal - qu'on se rassure, je n'y suis pas resté longtemps!

Et voilà ce qu'il en est de mon expérience d'une Suède plus "brut" et authentique. Conclusion qui s'en impose: j'avais quand même bien fait de choisir Stockholm!