jeudi 9 juillet 2009

Erasme est descendu à Copenhague








Allez, un des derniers messages de ce blog suédois (et sûrement le plus long), savourez-le bien! D'autant qu'il s'aventure une nouvelle fois en dehors de ma capitale chérie, qui commence à me manquer! Il a pour objet la ville qui se verdit à vue d'oeil, en prévision de la Conférence Internationale sur le Climat dans quelques mois: j'ai nommé Copenhague, ou København pour les initiés, mais ne me demandez pas comment ça se prononce! Ils ont pas idée aussi, ces salamis, au moins Stockholm ça s'écrit comme ça se prononce, et ça ne change pas de nom dans chaque langue!

Donc, un beau jour de mai, alors que je m'ennuyais chez moi, que je finissais tant bien que mal mon projet de fin d'étude sur le traitement des eaux en Antarctique, tout en me préparant psychologiquement à mon départ imminent et définitif de la Suède et en organisant soigneusement un tournage de court-métrage, je me suis souvenu de ma promesse sollennelle faites à une blonde émigrée au Danemark, Clémence, qui m'avait rendu visite en octobre à Stockholm. Mon serment stipulait qu'avant la fin de l'année, je passerai lui rendre la pareille pour visiter sa ville d'adoption, et j'en profiterai pour lui apporter un saumon suédois tout frais...

Ce petit besoin de bouger était également dû au fait que mon ex-coloc' nancéen et sa future épouse (mais si, mais si!) m'avaient rendu visite trois jours auparavant, réssucitant en moi une certaine nostalgie des amis de la Lorraine. Et le fait que je m'apprétais à entamer un stage de 6 mois sans vacance m'était aussi insupportable...

Bref, l'idée me trotte dans l'esprit pendant toute l'après-midi, et, alors que je rentre d'une soirée en vélo pendant la nuit, je croise sur la route une biche arpentant le bitume, qui me regarde placidement. "C'est un signe d'Odin", me dis-je (mon hôte danoise s'appellant en effet officiellement Bibiche). La décision est prise à 3h du matin, le billet acheté en dernière minute vers 9h, et, en fin de matinée, me voici dans le train pour Copenhague! Après avoir poliment averti Clémence de mon arrivée six heures plus tard avec un SMS assez succinct, je coupe le portable (économie de batterie et d'énergie, vous me connaissez!) et engage une conversation avec mon voisin suédois d'un certain âge qui évoque avec moi l'industrie automobile, les ministres français d'il y a trente ans et l'architecture de Malmö - la ville suédoise en face de Copenhague.

Il réussit d'ailleurs à me convaincre de visiter le nouveau quartier écologique de Malmö à l'aller ou au retour, vu que c'est de toute façon un passage obligé par la voie terrestre que j'ai choisi (oui, il existe en effet un pont entre le Danemark et la Suède!). A mon arrivée, je visite le centre de Malmö en attendant mon bus pour traverser la frontière, et y découvre une ambiance assez sympatique, le beau temps étant de la partie. Mais pas le temps de s'attarder, mon bus m'emmène d'un bond sur le pont géant entre les deux villes, et, à 17h, je pose mon petit sac près de la fontaine de Kongens Nytorv, au coeur de la ville natale de la Petite Sirène, après être rentré en contact avec cette nouvelle langue scandinave, guturale et curieuse, qu'est le danois, par l'intermédiaire de deux jeunes illuminés pentecôtistes m'assurant avec un enthousiasme communicatif que Jésus est redescendu parmi eux - je ne savais pas alors que mon arrivée avait fait tant de bruit et en si peu de temps...

En attendant Bibiche quelques heures et en méditant sur la caractère très spontané de la vie Erasmus (testé au bout de ses limites durant ce petit voyage, vous l'aurez compris!), je visite le petit port de Nyhavn, charmante carte postale animée jonchée de mats flambant neufs et de façades multicolores, puis je savoure les rayons rasant du soleil en révisant mes cours pour mon dernier examen (oui, un petit détail que j'avais négligé au moment de la décison de partir!). Je retrouve finalement la vraie blonde, plus en forme que jamais, et je lui offre mes deux petits pavés de saumons surgelés achetés au Liddle, comme convenus (ça m'a d'ailleurs rappellé une nouvelle d'Umberto Eco là-dessus...). Nous passons la soirée dans un restaurant végétarien grec recommandé par son copain achéen à la barbe digne d'un vase antique. Il est ensuite décidé que je passe la nuit dans la chambre de Bibiche, niché au coeur d'une petite maisonnette remplis d'une dizaine d'autres hurluberlus d'étudiants des quatre coins de l'Europe, tandis que la petite Clémence s'exile chez son copain, puisque la chambre n'est pas assez grande pour deux, et, ajoute-t-elle souriante et sincère, "il ne vaut mieux pas dormir sur la moquette, c'est là que les plus grosses araignées dans ma chambre ont été vu".

Quelques petits frissons de scrupules et d'arachnophobie plus tard, je me retrouve finalement à squatter un lit très confortable, et passe finalement une excellente nuit dans ma nouvelle demeure, dans la campagne environnant Copenhague, en digérant une soupe curieusement rose et rouge offerte de bon coeur par un couple balte de la chambre d'à côté.

Le lendemain, je parcours la capitale, je visite la Glyptotek, une curieuse fondation de l'ami Carlsberg (le fondateur de la fameuse bière danoise du même nom), destinée aux sculptures françaises et nordiques et à quelques magnifiques tableaux impressionistes tout à fait alléchant (dont la moitié de la collection sera malheureusement fermée au public ce jour-là, j'en peste encore!), à deux pas du parc d'attraction Tivoli (que je n'ai volontairement pas visité suivant les conseils forcément pertinents de ma guide attitrée). Nous parcourons ensuite ensemble le Musée National, rempli de salles instructives et (très) détaillées sur l'histoire du Danemark, mais possédant aussi quelques perles rares, tels ces superbes cadres rococo...

Puis nous décidons d'aller à Christiansen, ce quartier sidérant au milieu de la capitale, où, depuis les années 70, une tentative de vie communautaire affranchie des lois et des impôts locaux s'expérimente, pour le meilleur et pour le pire, depuis que quelques jeunes effrontés ont investi un ancien site désaffecté il y a trente ans. Des familles entières y habitent aujourd'hui, et le site est un véritable petit village d'artiste dans la ville. Des décorations "Flower Power" sur les murs ou des étals d'herbes "exotiques" en tout genre affichés au grand jour, je ne sais pas ce qui était le plus étonnant. En tout cas un endroit tout à fait unique et très intéressant!

Nous tentons ensuite de repérer la nouvelle bibliothèque en verre sombre, le fameux "Black diamond" (que ma guide de Vezoul s'obstine malgré mes moqueries à confondre avec un autre bâtiment), et tentons de rentrer en bateau (très pratique à Copenhague, en complément du bus, du vélo et du métro) pour retourner vers le centre-ville, en nous trompant évidemment de sens de navigation et en exaspérant son capitaine. Un petit barbecue avec de joyeux Français inconnus clôt la soirée.

Le lendemain, après avoir visité un observatoire astronomique en spirale reconverti en tour panoramique, nous nous organisons une petite excursion dans un musée très excentré de la ville, célèbre lui aussi pour ses collections d'impressionistes français (faut-il donc aller dans la campagne danoise pour voir des Cézanne alors qu'on n'en trouve pas à Aix-en-Provence?). Puis nous nous fixons l'objectif de visiter un "parc aux biches", où, m'affirmera-t-on, il est possible d'approcher les cervidés apprioisés et même de les caresser ( malgré les panneaux réguliers représentant des biches en train de paître, je soupçonne toujours Bibiche de s'être doucement foutue de moi sur la teneur véritable de ce parc!). Au final, nous ne verrons pas un seul bamby, mais nous tomberons nez-à-nez avec un grand parc d'attraction, rival affirmé du Tivoli, et assez peu discret pour un parc à bichounettes! La traditionnelle glace et une attraction stupide et humide plus tard, nous voici revenu à Copenhague, pour célébrer cette fois-ci un repas franco-grec, avec comme apéritif mes fameux pavés de saumon suédois!

Enfin, le dernier jour, nous enfourchons les Vélibs locaux, pour aller voir cette petite crotte minuscule qu'on nomme la Petite Sirène de Copenhague (offerte par l'ami Carlsberg, encore lui!), vraiment peu impressionnante, si ce n'est par la horde de touristes qu'elle réussit à amasser devant elle. Nous assistons à la relève de la garde, je me fais voler mon Vélib, nous trouvons le vrai "Black Diamond", etje fais mes adieux à Bibiche en vitesse, avant de lui laisser une poignée de cartes postales à poster et de m'engoufrer dans mon bus de retour trop ponctuel.
Un très sympatique petit voyage, donc, riche en expérience et en rencontres, qui m'aura permis de tester au maximum le fameux "Erasmus Spririt" (non, pour une fois, ce n'est pas de l'alcool!) et de découvrir un autre style de vie scandinave...

2 commentaires:

Nemo a dit…

Un Velib' ?

Anonyme a dit…

tu sais ce qu'elle te dit la petite crotte danoise ??? je l'ai croisée sur la lagune,elle s'y sent mieux que sur la baltique...