

Le lendemain de notre arrivée à Kiruna, nous prenons le train, direction Abisko, un parc national encore plus au Nord, entre Kiruna et Narvik. Nous avons réservé là-bas deux nuits dans une auberge de jeunesse, qui offre également un sauna quotidien et une ballade de deux heures en chien de traîneau. Sachant qu'il y a là-bas deux gares, nous nous arrêtons évidemment à la mauvaise, où, à part un bâtiment de l'office de tourisme, il n'y a rien que de la glace et de la neige, posées sur un superbe paysage (avec des montagnes, une rareté en Suède!).
Nous décidons donc, en attendant la tombée de la nuit et le seul train de la journée qui nous ramènera à l'autre gare (la bonne), de partir en ballade. C'est l'occasion de vérifier la qualité de nos vêtements: mon anorak rouge se révèle non seulement voyant, mais aussi plutôt efficace avec la polaire en dessous. Les chaussures de marche et leur grosse paire de chaussettes survivent aux enlisements dans la neige profonde, et le jeans avec son caleçon long en-dessous assure le service minimum (une pensée émue à mes amis métropolitains). Les gants et le bonnet se révèlent par contre assez limités au bout d'une heure, et les joues nues finissent par prendre un sacré coup à la fin de la journée (heureusement, l'Allemande qui est avec nous a rapporté une simili-graisse de phoque pour se vernir le visage façon musée Grévin).
Bref on survit, jusqu'à l'arrivée d'un camp sami désert (et reconstitué), où l'on essaie de se réfugier dans les cabanes haut perchées, en vain [cf photo]. Une sorte de Grand Canyon de glace se laisse également admirer dans le crépuscule, et nous suivons la rivière qui s'en écoule jusqu'à un grand lac majestueux et mi-gelé. Enfin, vu l'état des pieds de l'un d'entre nous, on se hâte de rentrer au bercail en attendant le train, qu'on manque de louper ensuite, d'ailleurs, vu que le perfide est arrivé en avance!
Nous arrivons enfin au petit village d'Abisko-Est, et sa gare déserte. Une pensée nous a réanimé durant tout cet après-midi fraîcheur: le délicieux sauna du soir aux températures positives... Mais en fait personne ne s'est vraiment préoccupé des consignes pour l'utiliser: or le patron débonnaire du magnifique chalet dans lequel nous logeons nous apprend, que, pour utiliser ce merveilleux Swedish Montain Sauna, qui fait toute la fierté de la maison, il faut, "par mesure d'hygiène", y entrer sans aucun vêtement ou serviette personnels... Par ailleurs, étant donné qu'un créneau d'une heure et demi nous est réservé à nous dix, puisqu'ensuite les autres du chalet y passent à leur tour, et qu'il est impossible d'y prévoir plus d'un passage dans ce labs de temps, cela signifie donc sauna mixte tous ensemble! Je vous épargne le débat houleux qui s'en suit, mais, une heure plus tard, c'est donc bien tout le groupe au grand complet qui pénètre dans cette fournaise, en tenue d'Adam et d'Eve... Scène surréaliste quand on y repense, étant donné qu'en plus, chacun est tenu de se doucher à la suédoise en se renversant sur le gueule une bonne bassine "moitié eau chaude, moitié eau froide" après s'être savonné à la lueur du feu - je vous rassure, si vous en doutiez, le Suédois roublard est aussi là à poil pour nous expliquer comment l'on procède pour prendre sa douche, remettre du bois dans la cheminée et jeter de l'eau sur le feu...
Et donc, dans la pénombre humide de cette salle tout de bois vêtue, on suffoque là pendant une heure et demi, souvent hilares, en ponctuant les bouffées de vapeurs violentes par des -courtes- sorties hystériques dans la neige avoisinante, Suède oblige, toujours nus comme des vers. Bon, pour des raisons de droit à l'image, vous ne verrez pas la photo où les dix petits angelots grelottent à poils en sautillant dans l'attente du flash, mais sachez qu'elle nous a coûté bon nombre de frissons! Bref, on a tellement aimé qu'on y retournera le lendemain, à la même heure!
Enfin, la journée s'achève par une promenade en raquette à neige, à la recherche pleine d'espoir d'aurores boréales, sans succès hélas. Par contre, on réussit à déclencher l'aboiement des chiens-loups du chenil dans la montagne, ce qui, vous l'imaginez, me réconforte au plus haut point, moi qui vais devoir les atteler à un traîneau le lendemain!
4 commentaires:
quelle équipée !!! je suis contente que l'anorak ait bien servi et le caleçon itou... toujours des couleurs vives dans la nuit et la neige : c'est la consigne ! et superpposer les couches de vêtement, sauf au sauna, bien entendu!
ton expérience sauna m'a fait repenser à l'islande... en plein air sous la pluie et dans le froid, baignades dans les sources chudes bouillantes...
je te signale qu'il y en a un à baden baden !
un petit coucou des urgences... quasi vides un samedi soir, c'est louche ! mais y en a quand même un qui a réussi à me mordre, sinon c'est pas drôle !
Bonne reprise j'espère ;)
la suite, la suite !
Moka veut savoir comment étaient les chiens de traîneaux, ces créatures diaboliques au regard fourbe...
truffe aussi voudrait savoir si les chiens de traîneaux ça se mange en pâtée ou en croquettes...
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